Abolition du PEQ : une onde de choc pour l’économie régionale, s’inquiète le maire de Sorel-Tracy
Philippe Manning | Éditeur et directeur de l'information Sorel-Tracy Info
Sorel-Tracy, le 1er mars 2026 — Alors que le gouvernement du Québec envisage de mettre fin au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), l’inquiétude grandit dans les régions. À Sorel-Tracy, élus et acteurs économiques craignent des pertes majeures de main-d’œuvre et un recul économique important. Le maire de la ville sonne l’alarme et appelle à un revirement rapide de la décision.
« Dans la région, c’est dramatique. En fait, c’est dramatique pour toutes les villes en région », affirme le maire, rappelant que le Québec faisait face, il y a encore peu de temps, à une pénurie généralisée de main-d’œuvre. Pour y répondre, plusieurs entreprises ont recruté à l’international des travailleurs qui occupent aujourd’hui des postes essentiels, notamment dans le secteur de la santé et dans l’industrie manufacturière.
Ces personnes, explique-t-il, se sont établies durablement dans la région, souvent avec des permis temporaires de deux ans, dans l’objectif d’obtenir ensuite la résidence permanente par le PEQ. Or, la remise en question de ce programme place désormais ces travailleurs dans une situation précaire.
« On va perdre des infirmières, on va perdre des ouvriers dans nos usines. C’est un drame. Chez certains entrepreneurs avec qui je discute, jusqu’au tiers de la main-d’œuvre provient de l’immigration », souligne Patrick Péloquin, évoquant une menace directe à la vitalité économique régionale.
Au-delà des entreprises, l’impact se ferait sentir sur l’ensemble de la communauté, alors que ces travailleurs et leurs familles sont déjà intégrés à la vie locale. Le maire déplore une décision qu’il juge déconnectée des réalités du terrain et prise sans tenir compte des besoins spécifiques des régions.
Face à cette situation, une mobilisation s’organise. Les municipalités, les chambres de commerce et plusieurs acteurs socioéconomiques unissent leurs voix pour demander un revirement de la part du gouvernement du Québec. « L’Union des municipalités du Québec s’est prononcée, les élus sont mobilisés, et on va continuer à dénoncer aussi longtemps que le programme ne sera pas remis en place », assure le maire.
En attendant, Patrick Péloquin invite les citoyens et les entrepreneurs à interpeller leurs représentants politiques. « Il faut absolument une intervention. Revenir sur cette décision, parce qu’en l’état actuel des choses, on est en train de fragiliser inutilement l’économie du Québec », conclut-il.
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